Parce que je ne dessine pas que des chevaux et que j'aime aussi l'art animalier et naturaliste, je déroge à la règle aujourd'hui en vous présentant un autre aspect de mon travail. Je vais d'ailleurs créer d'autres rubriques au fur et à mesure, afin d'élargir la vitrine de ce blog.
Désirant participer à l'élan de générosité en faveur des sinistrés du Japon, j'ai emporté mes pinceaux et mes gouaches à Paris, pour réaliser cette illustration inspirée d'une estampe japonaise. Faite en direct pendant la soirée "Un dîner pour le Japon", le 1er décembre dernier, elle a été vendue au profit de Second Hand, une association qui apporte son soutien à la population locale.
http://kibo-promesse.org/
Et parce que ça fait des années que j'admire ces magnifiques oiseaux,
voici un autre dessin de grues du japon, réalisé il y a quelques temps.
Si vous voulez les admirer en photos, je vous recommande l'excellent travail de Vincent MUNIER, photographe naturaliste, en allant faire un tour sur son site dans la rubrique "Hokkaïdo" : http://www.vincentmunier.com/ .
Un vrai plaisir pour les yeux, que de voir virevolter de leurs plumes immaculées ces splendides échassiers, dans les neiges de l'ile d'Hokkaïdo, au nord du Japon. Appelée aussi "Grue de Mandchourie" , Grus japonensis est l'un des plus grands oiseaux du monde, avec ses 1m60 de haut et ses 2m40 d'envergure. Ce sont elles que l'on voit représentées sur les paravents des temples japonais et autres estampes.
Pendant la parade nuptiale, les grues mettent en scène un rituel dansant composé de révérences, de dodelinements de tête, de sauts et de diverses autres postures qui leur sert aussi à communiquer entre les différents membres du groupe, en poussant des cris à l'unisson. On dit qu'elles craquent, glapissent, trompettent.
Heu…. Loin de moi de vouloir débattre sur le sujet de "tel écuyer à la main dure, tel autre saute sur le dos de son cheval au trot, etc..." Ok, les écuyers pourraient éventuellement monter avec plus de douceur et de perfection, (puisqu'ils sont effectivement les gardiens de ce type de savoir) mais il ne faut pas oublier une chose très importante, c'est qu'il faut replacer les choses dans leur contexte, si on veut un peu mieux comprendre tout ça :
La haute école est le fait de demander des airs aux chevaux, qu’ils font seuls dans la nature. Et pour cela, il faut une bonne dose d’impulsion supérieure (donc secouer un peu la couenne de nos chers quadrupèdes), afin de mettre leur puissance et leur force au service de l’homme, dans des airs bien pratiques pour faire le vide autour de soi en temps de bataille (cabriole, croupade etc…) Et maîtriser au poil près l’impulsion supérieure du cheval n’est pas chose facile. Ça peut partir dans tous les sens. Le cheval devient une bombe au service de la survie de son cavalier. Et si les cavaliers de cette époque chipotaient pour faire ça parfaitement, ils seraient morts d’un coup de fusil…
Ensuite on entre dans l’ère de l’équitation de loisirs où on « invente » les concours de dressage qui, autrefois, servaient à montrer le brillant des pratiques militaires et efficaces pour gagner la bataille. Aujourd’hui, c’est plus dans l’optique d’un art équestre parfaitement maîtrisé. Et pourtant, sur les carrés, c’est propre et nickel… (hors rollkür mais là n’est pas le sujet)… Maintenant, ajoutez-y les cabrioles, pesades et autres airs relevés, et ça va tout de suite être un bon gloubiboulga comme ce que je lis dans les critiques, parce que tel cheval piaffe un peu de travers ou est retenu un peu trop pour ne pas exploser en l’air n’importe quand pendant le spectacle. (Et entre nous, citez-moi les chevaux qui piaffent parfaitement dans les concours de dressage... vous n'en trouverez pas bcp !)
C’est facile de dire qu’ils montent mal alors que la plupart des cavaliers de dressage n’exploitent pas l’impulsion supérieure pour s’envoyer en l’air, comme le font les écuyers des grandes écoles (ex : les cavaliers du Cadre Noir et de Vienne passent leurs premières années à monter les chevaux qui cabriolent, les mains dans le dos, pour acquérir une bonne assiette), qui eux travaillent un autre aspect du cheval, celui de feu nos chevaux de guerre… où une main peut être un peu plus appuyée pendant une seconde (oh le pauvre, il a juste ouvert la bouche un peu trop) sauvait la vie de son cavalier par rapport à un autre qui se serait fait emmener par son cheval dans un fossé…
De plus, une main de mec n’est pas une main de femme… soit-disant…
Même cette idée tombe à l’eau avec les femmes qui rollkurent…
Donc... comparons ce qui est comparable et concentrons-nous plutôt à libérer les chevaux de dressage du Rollkür plutôt que de s'indigner d'écuyers qui, certes, font de la haute école moins en perfection qu'un cavalier de dressage, mais au moins, laissent les chevaux s'exprimer en sautant partout au lieu de les museroller-saucissonner à l'extrême et de les casser en deux...
Pour ce qui est de l'équitation de légèreté, je suis 1000 fois pour, je la recherche moi-même, j'aimerais aussi que certains écuyers l'intègre aussi un peu plus dans leurs méthodes... Mais le Monde n'est pas parfait, il faut savoir accepter certains compromis et se concentrer pour éradiquer le pire, ce sera déjà pas mal, et il y a pire... Donc, balayons déjà à notre porte en inculquant le respect du cheval et la main légère à nos jeunes cavaliers, on évitera peut-être de voir autant de Rollkür dans les paddocks de détente - toutes activités confondues - à l'avenir...
Pour en savoir plus :
Bande annonce : Les 4 écoles d'Art equestre à Bercy
L'équipe de France de dressage se forme au Rollkür...
La PETA allemande attaque le propriétaire de Totilas et son cavalier